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nouvelles espèces décrites par an en outre-mer

biodiversité & connaissances

© Fabien Lefebvre

© Fabien Lefebvre

Source des données

L'outre-mer : un vivier d'espèces à découvrir

Plus de 80 % des nouvelles découvertes d'espèces chaque année en France sont réalisées dans les territoires d'outre-mer. Certaines de ces nouvelles descriptions sont issues d’expéditions scientifiques, par exemple celles menées en Guyane en 2014 et en Nouvelle-Calédonie entre 2016 et 2019 par le Muséum national d’Histoire naturelle dans le cadre de la campagne « la Planète revisitée », mais d’autres sont également réalisées par des taxonomistes non-professionnels. Il peut s'agir également d'espèces déjà décrites dans des territoires frontaliers mais dont la présence n'avait pas encore été observée sur le territoire national. Dans la plupart des cas, il s’agit de petits organismes invertébrés et d’organismes marins (insectes, mollusques, crustacés, vers marins).

Le chiffre présenté ici représente une moyenne du nombre de découvertes par an sur les trois dernières années.

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Tri d’échantillons récoltés sur le terrain en Guyane © Guillaume Feuillet

Tri d’échantillons récoltés sur le terrain en Guyane © Guillaume Feuillet

La taxonomie : la science de la description du vivant

La taxonomie, ou taxinomie, est la science qui permet de décrire et de classer le vivant. L’espèce est l’unité taxonomique de base. Chaque espèce décrite est classée avec d’autres espèces aux caractéristiques communes au sein d’un même genre, puis d’une famille, d’un ordre, etc. Chaque espèce est identifiée par un nom scientifique latin en deux mots, par exemple Pelecanus occidentalis pour le Pélican brun. Cette dénomination en latin permet un référentiel mondial commun, car une même espèce peut posséder des dizaines de noms usuels différents (dits noms « vernaculaires ») à travers le monde, selon les langues et les régions.

especes

Quelques exemples de découvertes récentes

Parmi les espèces récemment décrites dans les territoires d’outre-mer français, se trouvent par exemple une nouvelle espèce de grenouille, la Rainette Boana courtoisae en Guyane, un serpent fouisseur, Madatyphlops eudelini, à Mayotte ou encore Psychotria paulae, une plante extrêmement rare, endémique de Tahiti (Polynésie française).

Ces découvertes sont parfois réalisées parmi les spécimens conservés dans des musées, collectés depuis longtemps sans avoir été correctement identifiés. Malheureusement, il arrive qu’il s’agisse d’espèces déjà éteintes dans la nature, c’est par exemple le cas en Guadeloupe du lézard Leiocephalus roquetus décrit en 2021.

Encore un grand nombre d’espèces inconnues

Les estimations actuelles du nombre d'espèces présentes sur Terre oscillent entre 8 et 10 millions (hors bactéries), et seules un peu plus de 2 millions d'espèces ont été décrites à ce jour. A l’échelle mondiale, environ 20 000 nouvelles espèces sont décrites chaque année. Cette tâche titanesque est complexifiée par le manque de spécialistes qui s’y consacrent, en particulier chez les invertébrés. Cependant, le travail de description morphologique est désormais accompagné de l’utilisation d’analyses ADN qui permettent de distinguer des espèces « cryptiques » c’est-à-dire très semblables morphologiquement mais en réalité différentes génétiquement, ce qui peut par exemple expliquer des différences d’adaptations aux conditions environnementales.

L’indicateur par territoire

Nouvelles espèces décrites par an

0

Saint-Pierre-et-Miquelon

21

Guadeloupe

39

Martinique

1

Saint-Barthélemy

1

Saint-Martin

178

Guyane

219

Nouvelle-Calédonie

51

Polynésie française

5

Wallis-et-Futuna

17

La Réunion

9

Mayotte

4

Îles Éparses

3

Terres australes françaises

4

Terre Adélie

15

Clipperton

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Récif corallien, Parc naturel marin de Mayotte © Marine Dekenen / OFB
indicateur suivant

29 %

des récifs coralliens sont en diminution dans les territoires d'outre-mer