carte répartition phoques

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phoques à Saint-Pierre-et-Miquelon : la plus grande population de France

Saint-Pierre-et-Miquelon

écosystèmes marins & littoraux

Phoque veau marin (*Phoca vitulina*) © Daniel Koelsch

Phoque veau marin (Phoca vitulina) © Daniel Koelsch

Source des données

Deux espèces communes à Saint-Pierre-et-Miquelon

Deux espèces de phoques peuvent être communément vues sur les côtes et les ilets de Saint-Pierre-et-Miquelon : le Phoque gris (Halichoerus grypus) et le Phoque commun (Phoca vitulina), aussi appelé Phoque veau-marin. La vie des phoques est rythmée par des périodes passées en mer pour s’alimenter et des périodes passées à terre pour muer, se reposer et se mettre bas.

Les Phoques gris sont plus massifs que les Phoques communs et les deux espèces n’ont pas les mêmes rythmes annuels, ni les mêmes comportements. Les Phoques communs sont plus grégaires et plus sédentaires que les Phoques gris. Ces derniers peuvent parcourir de grandes distances en mer entre leurs zones d’alimentation, de repos et de reproduction. Autre différence, les Phoques communs se reproduisent à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce qui n’est pas le cas des Phoques gris. La présence de ces derniers sur l’archipel serait liée à leurs migrations saisonnières en provenance de colonies canadiennes (iles de la Madeleine, Ile de Sable, Terre Neuve, etc.). Comme tous les mammifères marins, ces deux espèces sont protégées sur le territoire national français.

Deux autres espèces fréquentent les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon, le Phoque du Groënland, Pagophilus groenlandicus et le Phoque à capuchon, Cystophora cristata), mais hormis les individus échoués, elles sont rarement observées.

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Abondance des phoques à Saint-Pierre-et-Miquelon

Répartition des deux espèces principales de phoques autour de l'archipel

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carte répartition phoques
Abondance annuelle des phoques au Grand Barachois © Compteur biodiversité outre-mer

Abondance annuelle des phoques au Grand Barachois © Compteur biodiversité outre-mer

Comment évaluer les populations ?

Les suivis des phoques sont assurés par comptage des phoques à terre. Cette méthode permet de connaitre des effectifs relatifs, car lors du comptage une partie des phoques se trouve dans l’eau et n’est pas comptabilisée. Elle n’aboutit donc pas à un comptage exhaustif, mais permet néanmoins d’obtenir des estimations et de suivre l’évolution des effectifs au cours du temps.

La distinction entre les deux espèces de phoques peut être également une difficulté lors des suivis, surtout dans les zones où les densités sont élevées. Ces contraintes illustrent la difficulté d’estimer les populations de mammifères marins.

Phoques

Répartition et effectifs des phoques à Saint-Pierre-et-Miquelon

Les phoques de Saint-Pierre-et-Miquelon font partie du grand ensemble de populations des côtes de l’Atlantique Nord, du Canada au nord-est des États-Unis. Les abondances autour de l’archipel sont estimées à plus de 2 000 individus (un maximum de 2 084 phoques a été dénombré fin août 2019), ce qui en fait le site le plus important du territoire français, devant les colonies des côtes de la Manche, en métropole. Les populations de phoques de Saint-Pierre-et-Miquelon revêtent de ce fait un enjeu national important.

Le Grand Barachois est le site de l’archipel accueillant la plus grande part de ces phoques : environ 1 200 phoques y sont comptés à terre entre mai et septembre. La proportion de Phoques communs dans ces comptages est en moyenne de 77 % contre 23 % de Phoques gris. Le nombre de phoques dans cette lagune varie fortement selon les années et les saisons. Les plus forts effectifs sont présents en été, particulièrement en juin. La fin du printemps et le début de l’été correspondent au moment de la reproduction des Phoques communs, qui sont donc nombreux sur les reposoirs. Pour les Phoques gris cette période de l’année correspond au moment de la mue.

Outre le Grand Barachois, les Phoques communs préfèrent le sud de l’archipel tandis que les Phoques gris occupent plutôt des reposoirs sur l’Ile Verte et au nord de l’archipel. Cette différence d’occupation des sites peut s’expliquer par une préférence des Phoques communs pour les reposoirs sableux tandis que les Phoques gris favoriseraient les reposoirs rocheux.

Les analyses de tendances annuelles de populations sur la période 2006-2021 au Grand Barachois montrent globalement une stagnation des effectifs pour les deux espèces.

Deux suivis différents à Saint-Pierre-et-Miquelon

L’Office français de la biodiversité (OFB) réalise depuis 2006 un comptage mensuel des populations de phoques au Grand Barachois, par une observation au sol à la longue-vue. Ce suivi permet de comprendre les dynamiques de populations au cours de l’année sur ce site très fréquenté par les phoques, et de suivre sur le long terme l’évolution des effectifs.

Depuis 2015, la Direction des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM) réalise une à quatre fois par an un comptage des phoques autour de l’archipel et sur les ilets par bateau, couplé par un suivi par drone sur le Grand Barachois. L’objectif est d’être le plus exhaustif possible pour évaluer la population totale de phoques présents sur l’archipel, analyser leur répartition et suivre également les tendances sur le long terme.

Ces deux comptages sont complémentaires et permettent de suivre le dynamisme des populations de Saint-Pierre-et-Miquelon de deux manières différentes. Le suivi réalisé par l’OFB est facile à mettre en place, mais se focalise uniquement sur les populations du Grand Barachois, tandis que celui réalisé par la DTAM est plus complet et précis mais nécessite plus de moyens et des conditions météorologiques favorables, c’est pourquoi il n’a lieu qu’en été.

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Poisson-lion (*Pterois volitans*) © Fabien Lefebvre - Association ACWAA
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espèces sur les 100 considérées comme les plus envahissantes au monde se trouvent en outre-mer