L'étang du Bois brûlé © Nathalie de Lacoste

Saint-Pierre-et-Miquelon,
des terres et des eaux riches en biodiversité

Saint-Pierre-et-Miquelon
L'étang du Bois brûlé © Nathalie de Lacoste

Un climat subarctique, froid et humide

Au sud de l'île de Terre Neuve (Canada), l'archipel se compose de la petit île de Saint-Pierre, où se concentre la majorité de la population, et des îles de Miquelon et Langlade, plus sauvages et préservées. Situé à la confluence du courant froid du Labrador et des eaux plus chaudes du Gulf Stream, l'archipel présente une biodiversité unique en France et une myriade d'écosystèmes, dont la seule forêt boréale française, de très importantes populations d'oiseaux marins et une grande richesse sous-marine.

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242

km2
Superficie terrestre

12 300

km2
Superficie marine

6 274

habitants

en 2017

240

m
point culminant

Morne de la Grande Montagne

Lieux d’intérêt

Grand Barachois © DTAM 975

Grand Barachois © DTAM 975

Le Grand Barachois

Cette lagune de 1 000 ha est bordée de marais et communique avec la mer par un goulet au sud-est. La lagune et les marais qui la bordent sont d’une importante richesse tant faunistique que floristique. Ses bancs de sable accueillent notamment la plus importante colonie reproductrice de phoques veaux-marins du territoire français. Un plan de gestion du site a été validé en 2011 visant à y protéger les espaces naturels remarquables tout en assurant autant que possible leur ouverture au public.

Vue aérienne de l'isthme © DR

Vue aérienne de l'isthme © DR

L’isthme

Cette bande de sable de 12 km de long relie les îles de Miquelon et Langlade depuis la fin du 18e siècle. Les dunes colonisées par la végétation sont désormais longées par une piste permettant d'accéder à l'île de Langlade, habitée uniquement en période estivale.

L'îlot du Grand Colombier © Nathalie De Lacoste

L'îlot du Grand Colombier © Nathalie De Lacoste

Le Grand Colombier

Cet ilot situé au nord de l’île de Saint-Pierre est un site de nidification remarquable. Il accueille une grande part des populations d’oiseaux marins nicheuses de l’archipel, voire la totalité des couples pour certaines espèces comme l’Océanite cul-blanc (Hydrobates leucorhous) ou le Macareux moine (Fratercula arctica). Pour ces deux espèces, il s’agit de colonies parmi les plus importantes au niveau mondial.

La Vallée du Milieu © Nathalie De Lacoste

La Vallée du Milieu © Nathalie De Lacoste

La Vallée du Milieu

Située dans le tissu urbain de la ville de Saint-Pierre, cette enclave de tourbières et étangs de 27 ha est l’une des dernières tourbières de la partie sud de l’île de Saint-Pierre. D’un intérêt écologique fort, en partie car de nombreuses espèces d’oiseaux y font étape durant leur trajet migratoire, le site fait l’objet d’un plan de gestion depuis 2018.

Saint-Pierre © Laurent Malthieux

Saint-Pierre © Laurent Malthieux

Saint-Pierre

Chef-lieu du territoire, cette commune concentre 86% de la population de l’archipel. Au début restreinte à la zone portuaire, la ville s’est beaucoup étendue en périphérie ces dernières années, ce qui n’est pas sans causer des problèmes en matière d’assainissement, de gestion des déchets, et de dérangement de la faune aviaire.

Lieux d’intérêt

A Saint-Pierre-et-Miquelon

2 112

espèces sont indigènes sur le territoire

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Diapensine de Laponie © DTAM 975

Diapensine de Laponie © DTAM 975

La Diapensine

La Diapensine de Laponie (Diapensia lapponica) est une plante typique de la toundra arctico-alpine de l’archipel. Sa forme en coussinet est adaptée aux conditions climatiques très ventées de ce milieu.

Statut dans la Liste rouge mondiale : espèce non évaluée.

Cerfs de Virginie © DTAM 975

Cerfs de Virginie © DTAM 975

Le Cerf de Virginie

Peu de mammifères terrestres sont indigènes de l’archipel. Le Cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) a été introduit à Miquelon et Langlade en 1953 pour la chasse. Grâce à leurs importantes capacités d’adaptation et à l’absence de prédateur naturel, les populations de cerfs se sont largement développées et freinent désormais fortement la régénération de la forêt boréale. L’espèce n'est pas présente sur l’île de Saint-Pierre.

Statut local : espèce introduite.

Macareux moine © Bruno Letournel - Office français de la biodiversité

Macareux moine © Bruno Letournel - Office français de la biodiversité

Le Macareux moine

Les macareux moine (Fratercula arctica) représentent l’une des plus importantes populations d’oiseaux nicheurs de l’archipel, avec environ 10 000 couples présents sur l'îlot du Grand Colombier.

Statut dans la Liste rouge mondiale : vulnérable.

Lièvre arctique © Daniel Koelsch - DTAM 975

Lièvre arctique © Daniel Koelsch - DTAM 975

Les lièvres

Le Lièvre américain (Lepus americanus) et le Lièvre arctique (Lepus arcticus) ont été introduits pour la chasse respectivement en 1881 et 1982. Présents sur les trois îles, ils occupent des milieux différents : le Lièvre américain se concentre dans les milieux forestiers, sur lesquels il exerce une pression non négligeable, tandis que le Lièvre arctique préfère la végétation de la toundra, formée d’arbustes à éricacées, de lichens et de mousses.

Statut local : espèces introduites.

*Botrychium multifidum* © Serge Muller - MNHN

Botrychium multifidum © Serge Muller - MNHN

Les Botryches

Dans les pelouses sableuses d’arrière dune se cachent plusieurs espèces rares de botryches, comme le Botryche à feuille de rue (Botrychium multifidum). Il s’agit de petites fougères vivaces dont le nom provient du grec « botrus » signifiant grappes, qui se réfère à l’aspect de ses fructifications.

Statut dans la Liste rouge mondiale Botrychium multifidum : espèce non évaluée.

Sapin Baumier © Nathalie De Lacoste

Sapin Baumier © Nathalie De Lacoste

Le Sapin baumier

Le Sapin baumier (Abies balsamea) est le conifère dominant de la forêt boréale de Saint-Pierre-et-Miquelon (plus de 80% du peuplement). Caractéristique des forêts boréales nord-américaines, il est parfois accompagné d’autres conifères moins fréquents (Epicéa blanc, Epicéa noir, Mélèze laricin…). En plus de subir des attaques fréquentes de pestes forestières indigènes, il est actuellement menacé par un parasite introduit : le puceron lanigère (Adelges piceae).

Statut dans la Liste rouge mondiale : préoccupation mineure.

Phoque veau-marin © Daniel Koelsch - DTAM 975

Phoque veau-marin © Daniel Koelsch - DTAM 975

Les phoques

Une vingtaine d'espèces de mammifères marins fréquente les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon, dont deux espèces de phoques : le Phoque veau-marin (Phoca vitulina) et le Phoque gris (Halichoerus grypus). C’est sur les bancs de sable de la lagune du Grand Barachois qu’ils se regroupent en plus grand nombre, mais peuvent être observés partout sur les côtes de l’archipel.

Statut dans la Liste rouge mondiale : préoccupation mineure pour les deux espèces.

*Linnaea borealis* © Serge Muller - MNHN

Linnaea borealis © Serge Muller - MNHN

La Linnée boréale

Reconnaissable à sa floraison en clochettes roses, la Linnée boréale (Linnaea borealis) est une herbacée abondante dans la forêt boréale.

Statut dans la Liste rouge mondiale : espèce non évaluée.

Pluvier siffleur en période de reproduction © Patrick Hacala

Pluvier siffleur en période de reproduction © Patrick Hacala

Le Pluvier siffleur

Le Pluvier siffleur (Charadrius melodus) est un petit oiseau limicole, dont la couleur du plumage se confond avec le sable et les graviers des plages où il se nourrit et niche. Il est actuellement le limicole nicheur le plus menacé dans l'archipel, à cause du dérangement important causé par l’activité humaine au niveau de l’isthme entre Miquelon et Langlade, site à haute fréquentation locale et touristique pendant l’été. Faute de dispositifs de protection efficaces la dernière nichée observée en 2019 a été un échec, et un seul individu a été observé en 2020.

Statut dans la Liste rouge mondiale : quasi menacé.

espèces

Histoire naturelle & temps forts

1535

Prise de possession française des îles par Jacques Cartier

17e siècle

Première installation permanente des pêcheurs bretons, normands et basques

18e siècle

Fermeture naturelle de l’isthme

1866

Première étude publiée sur la flore de Saint-Pierre et Miquelon (thèse de pharmacie d’Alphonse Gaulthier)

1881

Introduction volontaire du Lièvre d’Amérique pour la chasse

1953

Introduction du Cerf de Virginie à des fins cynégétiques

1985

Disparition de l’archipel du Lagopède des saules (Lagopus lagopus), oiseau caractéristique des forêts boréales

1988 - 1992

Projet de Réserve naturelle nationale sur le Grand Barachois, finalement abandonné

2007

Création du Conseil Scientifique Territorial du Patrimoine Naturel (CSTPN) et projet de Réserve naturelle nationale du Grand Colombier, gelé pour le moment

2017

Ouverture de la Maison de la nature et de l'environnement

Les landes et la toundra

Au-dessus des forêts, les végétaux ligneux adoptent un port prostré et laissent place à des landes dominées par les éricacées au port rampant, dont le Kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia). Aux altitudes les plus élevées, cette formation laisse place à une toundra adaptée aux conditions très venteuses, typique des milieux alpins ou arctiques.

Paysage de toundra © DTAM 975

Paysage de toundra © DTAM 975

Les marais tourbeux et les tourbières

Ces zones humides occupent des superficies importantes. Caractérisées par la formation et l’accumulation de tourbe, parfois sur plusieurs mètres d’épaisseur, elles présentent des groupements végétaux remarquables et variés, parmi lesquelles on trouve des sphaignes, des mousses, ainsi que des orchidées.

Tourbière près de l’étang de Richepomme © Nathalie de Lacoste

Tourbière près de l’étang de Richepomme © Nathalie de Lacoste

La forêt boréale

La seule forêt boréale du territoire français se trouve à Saint-Pierre-et-Miquelon. Fortement dégradée par les herbivores introduits, cette forêt présente une végétation arborescente dans les vallées abritées mais se limite à une strate arbustive ou rampante dans les secteurs exposés aux vents. Dominée par les conifères, on y retrouve le caractéristique Sapin baumier (Abies balsamea), l’Epinette blanche (Picea glauca), l’épinette noire (Picea mariana), dans certains milieux tourbeux le Mélèze laricin (Larix laricina), seul conifère qui perd ses épines en hiver, ou encore, bien que rare sur Langlade et Miquelon, l'If du Canada (Taxus canadensis) sous sa forme rampante.

Forêt boréale © DTAM 975

Forêt boréale © DTAM 975

Les dunes sableuses et cordons de galets

Espèces pionnières et graminées colonisent ces milieux littoraux souvent fragilisés par les dégradations (travaux, incendies, pâturages). Espèce typique de ces milieux dunaires, l’oyat (ou Ammophile à ligule courte, Ammophila breviligulata) joue un rôle essentiel dans la fixation des dunes et limite l’érosion. En arrière dune, une grande diversité d’espèces indigènes, parfois très rares, cohabitent avec des graminées introduites et naturalisées.

Milieux dunaires © DTAM 975

Milieux dunaires © DTAM 975

écosystème
Paysage enneigé de Saint-Pierre-et-Miquelon © Bruno Letournel - Office français de la biodiversité

Paysage enneigé de Saint-Pierre-et-Miquelon © Bruno Letournel - Office français de la biodiversité

A Saint-Pierre-et-Miquelon

13 %

du territoire est occupé par des forêts

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Les ressources naturelles, un enjeu important

Les menaces pesant sur la biodiversité de Saint-Pierre-et-Miquelon sont nombreuses. Comme tous les territoires d’outre-mer, l’archipel subit la présence d’espèces exotiques envahissantes terrestres, la Renouée du Japon (Reynoutria japonica) et le Séneçon Jacobée (Jacobaea vulgaris) sont parmi les plus impactant.
La forêt boréale, sous la pression combinée des herbivores introduits, des pathogènes et du réchauffement climatique, perd en moyenne une vingtaine d'hectares par an, et son état de conservation n'est guère rassurant.

Au niveau marin, depuis l’effondrement des populations de morue des bancs de Terre-Neuve par la surpêche dans les années 70 à 90, la pression de la pêche a diminué, cependant la pêche au filet du Saumon Atlantique capture accidentellement de nombreux oiseaux, tortues et mammifères marins. Les espèces exotiques marines sont également une préoccupation, en particulier les populations de Crabe vert (Carcinus maenas), en augmentation.

La chasse est une question délicate sur l'archipel. Concernant les mammifères introduits, elle permet d'un côté leur régulation, mais de l'autre elle justifie également leur maintien. Quant à la chasse aux oiseaux migrateurs, elle peut freiner l'implantation de colonies nicheuses comme celles de l’Eider à duvet (Somateria mollisima).

Le territoire est pour le moment le seul d’outre-mer français à ne disposer d’aucun dispositif de protection réglementaire (hormis les réserves de chasse et de faune sauvage). Après l'abandon d'un premier projet de Réserve naturelle du Grand Barachois au début des années 90, un projet de création de Réserve naturelle sur le Grand et le Petit Colombier a été lancé en 2007. Plaçant sous protection une surface terrestre de 47 ha et une zone maritime de 420 ha, il permettrait de préserver ce site de nidification remarquable. Malgré un avis favorable du Conseil national de protection de la nature, ce projet a été mal perçu par les populations locales qui craignaient des contraintes sur leurs activités traditionnelles, c’est pourquoi le projet est gelé pour le moment.

Sur l’archipel, 40 Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), abritant au moins une espèce ou un habitat naturel remarquable ou rare, ont été délimitées. Cela couvre 89 % du territoire terrestre et traduit la richesse et la valeur écologique des écosystèmes de ces îles, toutefois ce statut n'engendre pas de protection juridique. Actuellement, seules des espèces de chauves-souris, de mammifères marins, d’oiseaux et de tortues marines bénéficient d’une protection réglementaire.

enjeux
Vue sur Alofi depuis Futuna © Tristan Berr
territoire suivant

Wallis-et-Futuna