Compter la biodiversité : oui, mais comment ?

Les indicateurs sont des outils qui permettent de décrire différentes composantes de la biodiversité et ainsi mesurer son évolution dans le temps. De nombreux paramètres sont étudiés : taille des populations, état de santé des écosystèmes, taux de pollutions, etc. Ils renseignent ainsi l’état de la biodiversité à un instant précis, mais également l’état des connaissances et des moyens scientifiques actuels. Avec ses collaborateurs, le Compteur vise aussi à développer de nouveaux indicateurs ou chiffres clés sur la biodiversité ultramarine, qui viendront peu à peu enrichir le dispositif.

Serpent liane perroquet © Raphaël Gailhac

Serpent liane perroquet © Raphaël Gailhac
indicateurs

Les indicateurs, des outils pour évaluer l'état de la biodiversité

Fakarava, Polynésie française © Franck Mazeas

La conservation de la biodiversité dépend de sa connaissance et de la compréhension des phénomènes qui l’impactent. Les indicateurs sont développés à partir de données de suivis et de mesures sur le terrain, et permettent de suivre l’évolution de l’état de santé de la biodiversité et de l’environnement. Ils sont utilisés pour définir des stratégies de gestion ou encore mesurer l'efficacité des plans de gestion d'espèces menacées. Cependant, ils connaissent des limites par manque de données disponibles, manque de moyens de recherche ou parce que certains paramètres sont très complexes à évaluer.

Fakarava, Polynésie française © Franck Mazeas

Fakarava, Polynésie française © Franck Mazeas

comprendre

L’Observatoire national de la biodiversité

Depuis 2012, l’Observatoire national de la biodiversité, actuellement piloté par l’Office français pour la biodiversité (OFB), publie des indicateurs sur l’état de la biodiversité française, avec la contribution de nombreux partenaires. Ils sont régulièrement actualisés et enrichis. Le Compteur met en lumière les indicateurs de l’ONB qui concernent les outre-mer et contribue à la création de nouveaux indicateurs pour ces territoires.

Retrouvez les indicateurs sur le site de l’ONB

L'Inventaire national du patrimoine naturel

L’INPN recense les espèces (animales, végétales et fongiques), les habitats naturels, les espaces protégés et le patrimoine géologique, en métropole et en outre-mer. L’ensemble des acteurs de l’environnement contribuent à la mise à jour régulière des informations sur le site de l’INPN dans le cadre du Système d’information de l’Inventaire national du patrimoine naturel (SINP). L’INPN met à disposition de tous des données de référence, validées par des réseaux d'experts. Le Muséum national d'Histoire naturelle en assure la responsabilité scientifique.

Visitez le site de l'INPN

Documenter et présenter l’évolution de la biodiversité, c’est permettre à chacun de prendre conscience des enjeux et des menaces.

apprendre
  • Qu’est-ce que la biodiversité ?

    La biodiversité, ou diversité biologique, désigne la diversité des formes de vie sur terre, c’est à dire l’ensemble du tissu vivant de la planète : plantes, animaux, champignons, bactéries, etc. Elle est le produit de la lente évolution du monde du vivant, depuis les premiers organismes connus datant de 3,5 milliards d’années. Elle comprend 3 niveaux de définition : • La diversité des écosystèmes, c’est-à-dire des milieux de vie : océans, prairies, forêts, etc. jusqu’à l’échelle d’un organisme ou d’une cellule ! • La diversité des espèces qui vivent dans ces milieux, et sont en relation les unes avec les autres ; • La diversité génétique, c’est-à-dire la diversité des individus au sein de ces espèces. De nombreux biens et services indispensables aux activités humaines en dépendent : nourriture, pollinisation, médicaments, matières premières, fertilisation des sols, épuration de l’eau, etc.

    La biodiversité est encore largement méconnue : on connait seulement 1,8 million d’espèces sur une diversité estimée d’environ 100 millions d’espèces !

  • Les outre-mer, des points chauds de biodiversité

    La majorité des territoires d’outre-mer français sont situés dans des régions particulièrement riches en espèces, notamment en espèces endémiques, ce qu’on appelle des points chauds de la biodiversité (« Hotspots » en anglais) (Nouvelle-Calédonie, Antilles, Mayotte, La Réunion, Wallis et Futuna, Polynésie française). Avec la Guyane, la France possède une partie du plus grand massif forestier de la planète, l’Amazonie, et les territoires français réunissent 10 % des récifs coralliens répartis dans trois océans. Certains territoires isolés comme les îles subantarctiques abritent une faune et une flore adaptées à des climats extrêmes.

    Avec ses territoires d’outre-mer, la France a donc une forte responsabilité dans la conservation de la biodiversité mondiale.

  • La biodiversité menacée

    De nombreux scientifiques alertent sur la crise de biodiversité actuelle, qui pourrait être la 6e extinction de masse à l’échelle des temps géologiques. En effet, le rythme actuel des disparitions d’espèces observé est 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel de disparition ! On estime que près de la moitié des espèces vivantes pourrait disparaitre d’ici un siècle. Les activités humaines en sont les principales responsables. Cinq causes majeures sont identifiées, qui se conjuguent entre elles : destruction et fragmentation des milieux, surexploitation des espèces, pollutions, changements climatiques et introduction d’espèces exotiques envahissantes.

    L'érosion de la biodiversité est une menace pour l'avenir de l'humanité.