25 %

des mangroves nationales font l’objet de mesures de conservation

écosystèmes marins & littoraux

Palétuviers, baie de Grand Cul-de-Sac marin, Guadeloupe © Gaëlle Vandersarren

Palétuviers, baie de Grand Cul-de-Sac marin, Guadeloupe © Gaëlle Vandersarren

Source des données

La mangrove, un écosystème protecteur

La mangrove est un écosystème forestier constitué principalement d'arbres appelés palétuviers, et se trouvant dans la zone de balancement des marées. Espace de transition entre le milieu terrestre et le milieu marin, cet écosystème abrite de nombreuses espèces qui en sont dépendantes pour une partie ou la totalité de leur cycle de vie.

On trouve des mangroves dans tous les territoires tropicaux d’outre-mer français, à l’exception de l’île de La Réunion. Au total, on estime leur superficie à 91 096 ha, la grande majorité se trouvant en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. Cependant, en Polynésie, cet écosystème n’est pas présent naturellement : une espèce de palétuvier, Rhizophora stylosa, a été introduite volontairement dans les années 1930, et s’est ensuite propagée à l’ensemble des îles de la Société, au détriment de certains écosystèmes natifs.

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Sentier aménagé dans la mangrove, Martinique © Fabien Lefebvre

Sentier aménagé dans la mangrove, Martinique © Fabien Lefebvre

Des bénéfices pour l’Homme, mais un écosystème soumis à de nombreuses pressions

Ces milieux ont une importance au regard des services écosystémiques qu’ils procurent aux humains : régulation des crues et des inondations, protection des côtes de l’érosion et des tempêtes, épuration des eaux... Si des phénomènes naturels tels que les cyclones peuvent impacter les mangroves, de nombreuses causes de leur dégradation ont une origine humaine : changement climatique, artificialisation, exploitation intensive de ses ressources (bois, chasse, etc.), dépôts d’ordures, déversement des eaux usées, pollutions, pression touristique, etc.

mangroves

Des statuts de protection variés

Il existe un éventail de dispositions juridiques permettant de protéger les mangroves, par exemple le classement en Zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar ou les arrêtés de protection de biotope, et de nombreuses zones de mangroves sont présentes dans les aires protégées des territoires (parcs nationaux, parcs naturels régionaux, réserves naturelles, etc.). Cependant, toutes les mangroves protégées ne font pas forcément l’objet de mesures de gestion. Cet indicateur donne la part de mangroves bénéficiant d'un gestionnaire identifié et d'un document de gestion établi dans un but de conservation. Dans le cadre de la loi pour la reconquête de la biodiversité du 9 août 2016, l’État français s'était fixé pour objectif que 60 % de la surface nationale des mangroves soit gérée à des fins de conservation d'ici à 2020, cet objectif n'a donc pas été atteint.

Un réseau participatif pour signaler les perturbations dans les mangroves

Créé en 2012, le Pôle-relais dédié aux zones humides tropicales (PRZHT) constitue un réseau d’échanges entre les acteurs concernés par la conservation, la gestion et la valorisation des zones humides dans les territoires tropicaux français. Il anime, entre autres, le Réseau national d’observation et d’aide à la gestion des mangroves (ROM), l’un des 3 réseaux de suivi de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR). Officiellement lancé en 2017, ce réseau regroupe les gestionnaires de mangroves des territoires français concernés aux Antilles, en Guyane, et dans les océans Indien et Pacifique.

En 2019, le ROM a développé une application smartphone pour permettre à tous de s’entrainer à reconnaitre les différentes espèces de palétuviers qui constituent la mangrove et à signaler les perturbations observées dans les mangroves (déchets, défrichements, mortalités, etc.). Chaque utilisateur peut ainsi devenir pleinement acteur de la protection des mangroves au sein de son territoire.
Vous aussi, devenez observateurs en téléchargeant l'application ROM !

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© Fabien Lefebvre
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