Pointe des Colibris © Olivier Delzon

La Guadeloupe,
« l’île aux belles eaux »

Guadeloupe
Pointe des Colibris © Olivier Delzon

Un archipel riche et diversifié

Formée de deux îles principales, Basse-Terre et Grande-Terre, séparées par un bras de mer et entourées de plusieurs dépendances et d’îlets, la Guadeloupe, en raison de sa taille, son altitude, sa géologie et la diversité de ses paysages, est le territoire le plus riche en espèces, notamment endémiques, des Petites Antilles.

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1 628

km2
Superficie terrestre

90 000

km2
Superficie marine

390 253

habitants

en 2017

1 467

m
point culminant

La Soufrière

Lieux emblématiques

Rivière Corossol, Parc national de Guadeloupe © Claire Roussel / OFB

Rivière Corossol, Parc national de Guadeloupe © Claire Roussel / OFB

Le Parc national de la Guadeloupe

Créé en 1989 et premier parc national d’outre-mer, son aire d’adhésion s’étend sur 16 communes du territoire et son cœur de parc sur 21 850 ha dont 3 300 ha marins. Tout l’enjeu du Parc national de Guadeloupe est de conjuguer les activités humaines avec la préservation du patrimoine naturel de grande valeur de la Guadeloupe.

Le lagon du Grand Cul-de-Sac Marin © Guilhem Pouxviel

Le lagon du Grand Cul-de-Sac Marin © Guilhem Pouxviel

La baie de Grand Cul-de-Sac marin

Entre Basse-Terre et Grande-Terre, cette baie est un véritable réservoir de biodiversité. Côté mer, des herbiers de phanérogames sont entourés par le récif corallien le plus long des Petites Antilles (39 km). Côté terre, la baie est bordée par des mangroves, des forêts marécageuses et marais herbacés sur plus de 5 000 ha.

Les îles de la Petite Terre, avec vue sur la Désirade © Olivier Delzons

Les îles de la Petite Terre, avec vue sur la Désirade © Olivier Delzons

La Réserve naturelle nationale des îles de Petite Terre

Composée de deux îles séparées par un chenal de 150 m de large, ce site présente l’une des plus importantes populations d’Iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima). C’est un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux, un lieu de ponte pour les tortues marines, et on y trouve également le dernier peuplement de Gaïac (Guaiacum officinale), un petit arbre au bois très dense.

La pointe Est de la Désirade © Grook Da Oger

La pointe Est de la Désirade © Grook Da Oger

La Réserve naturelle nationale de la Désirade

La réserve a été créée en 2011 pour préserver le patrimoine géologique exceptionnel de l’île de la Désirade, où l’on observe les très rares traces des prémices de la formation de la plaque tectonique des Caraïbes. L’île abrite également une végétation particulière avec plusieurs espèces rares dont le Cactus tête à l’Anglais (Melocactus intortus), ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux marins.

Lieux d’intérêt

En Guadeloupe

29 %

des espèces sont considérées comme éteintes ou menacées

En savoir plus
*Macrobrachium carcinus* © Benjamin Guichard / OFB

Macrobrachium carcinus © Benjamin Guichard / OFB

Les Ouassous

Les Ouassous sont des crevettes d’eau douce. Ce terme recouvre une douzaine d’espèces différentes, parmi lesquelles Macrobrachium carcinus, qui peut atteindre 30 cm de long. Elles sont très sensibles à la pollution des eaux (pesticides, détergents, hydrocarbures…) et plusieurs espèces sont considérées menacées en Guadeloupe. Bien que vivant la majeure partie de leur vie en eau douce, c’est en mer que se développent les premiers stades de leurs larves.

Statut dans la Liste rouge mondiale pour Macrobrachium carcinus : préoccupation mineure.

*Melanerpes herminieri* © C. et P. Guezennec / INPN

Melanerpes herminieri © C. et P. Guezennec / INPN

Le Pic de Guadeloupe

Aussi appelé Tapeur ou Toto bois, le Pic de Guadeloupe (Melanerpes herminieri) est le seul oiseau endémique de Guadeloupe et seul pic sédentaire des Petites Antilles. Il vit dans les milieux forestiers où il se nourrit principalement d'insectes qu'il trouve sous l'écorce du bois mort. De coloration noire, avec la gorge et l'abdomen rouge, on peut le reconnaitre à l'oreille au son caractéristique du tambourinage rapide que le mâle effectue sur les troncs pour parader et marquer son territoire.

Statut dans la Liste rouge des oiseaux de Guadeloupe : quasi-menacé.

*Fregata magnificens* © macraegi /  CC BY-SA 2.0

Fregata magnificens © macraegi / CC BY-SA 2.0

La Frégate superbe

La Frégate superbe (Fregata magnificens) est un oiseau marin de grande taille reconnaissable à sa queue fourchue et ses ailes longues et effilées. Le mâle est noir et remarquable par la présence d’une poche rouge sous la gorge qu’il gonfle pendant les parades nuptiales. La femelle et les juvéniles sont tachés de blanc sur le dos et la poitrine. L’espèce n’est cependant plus nicheuse en Guadeloupe.

Statut dans la Liste rouge des oiseaux de Guadeloupe : préoccupation mineure.

*Ctenonotus ferreus* © Aurélien Miralles

Ctenonotus ferreus © Aurélien Miralles

Les Anolis

Les Anolis sont des lézards communément observés sur tout le territoire. Ce terme regroupe plusieurs espèces et sous-espèces endémiques de la Guadeloupe et de ses dépendances, comme l'Anolis de Marie-Galante (Ctenonotus ferreus). Chaque île, voire presque chaque îlet des Antilles, possède une population d’anolis qui se différencie par ses couleurs et sa morphologie. Ils sont tous protégés.

Statut dans la Liste rouge mondiale pour Ctenonotus ferreus : non évalué.

*Guaiacum officinale* © César Delnatte

Guaiacum officinale © César Delnatte

Le Gaïac

Le Gaïac (Guaiacum officinale) est un petit arbre des milieux secs, utilisé pour son bois très dense et ses propriétés médicinales. Surexploité et victime de la destruction de son habitat, il est aujourd’hui considéré en danger d’extinction en Guadeloupe et il est protégé. Les derniers individus sont localisés dans la Réserve naturelle nationale des îlets de Petite Terre.

Statut dans la Liste rouge de la flore vasculaire de Guadeloupe : en danger.

*Syagrus amara* © Edric

Syagrus amara © Edric

Le Palmier ti-koko

Le Palmier ti-koko (Syagrus amara), espèce protégé et endémique des Petites Antilles, est encore abondant en Guadeloupe alors qu'il a presque disparu de Martinique. Son allure ressemble au cocotier, son port est majestueux et ses fruits ressemblent à des petites noix de coco, d’où son nom.

Statut dans la Liste rouge de la flore vasculaire de Guadeloupe : vulnérable.

*Eretmochelys imbricata* © Benjamin Guichard

Eretmochelys imbricata © Benjamin Guichard

La Tortue imbriquée

La Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) est l’une des trois espèces de tortues marines qui viennent pondre sur les plages de Guadeloupe. Les tortues marines sont menacées entre autres par les captures accidentelles de pêche, les collisions, l’ingestion de déchets, le braconnage ou encore la destruction de leurs sites d’alimentation. Toutes les espèces de tortues sont protégées, et le réseau des tortues marines de Guadeloupe présente une charte de bonne conduite à respecter en présence de tortues pour les préserver.

Statut dans la Liste rouge mondiale : en danger critique.

*Dynastes hercules* © Vincent Prié / Caracol

Dynastes hercules © Vincent Prié / Caracol

Le Dynaste scieur de long

Le Dynaste scieur de long (Dynastes hercules) est l’un des plus gros coléoptères du monde : il peut atteindre 17 cm de long pour 20 cm d’envergure en vol ! Il est protégé sur le territoire depuis 2007.
A l’heure actuelle, 1 350 espèces de coléoptères ont été recensées en Guadeloupe mais on estime qu’il pourrait y avoir plusieurs centaines d’espèces encore inconnues.

Statut dans la Liste rouge mondiale : non évalué.

*Rhizophora mangle* © Benjamin Guichard

Rhizophora mangle © Benjamin Guichard

Le Palétuvier rouge

La mangrove de bord de mer est principalement constituée de Palétuvier rouge (Rhizophora mangle), reconnaissable à ses racines-échasses qui se fixent dans les fonds vaseux. Ses graines ont la particularité de germer alors qu’elles sont encore accrochées à l’arbre. Il joue un rôle capital dans la protection des côtes contre la houle, la filtration des eaux saumâtres et ses racines forment une véritable nurserie pour les poissons marins.

Statut dans la Liste rouge de la flore vasculaire de Guadeloupe : préoccupation mineure.

espèces

Histoire naturelle & temps forts

-3000 ans

Premières traces d'occupation humaine en Guadeloupe

1493

Christophe Colomb débarque sur l'île et la baptise Guadeloupe

1635

La Guadeloupe devient française

18e siècle

Disparition du Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus) des eaux de Guadeloupe

19e siècle

Introduction du Raton-Laveur (Procyon lotor) en Guadeloupe depuis le continent américain

1976

Dernière éruption de la Soufrière

1989

Création du Parc national de la Guadeloupe

1993

La Guadeloupe obtient le label « Réserve de Biosphère » de l’UNESCO

2010

Création du Sanctuaire AGOA pour les mammifères marins qui couvre toutes les Antilles françaises

2012

Publication de la Liste rouge des oiseaux de Guadeloupe

2019

Publication de la Liste rouge de la flore vasculaire de Guadeloupe

2020 - 2029

2e Plan national d'actions en faveur des tortues marines des Antilles françaises

La forêt d’altitude

A partir de 1 000 m d’altitude, soumise aux vents violents, à l’excès d’humidité et à la persistance des nuages, la végétation n’excède pas 1,50 m de haut. Cette « forêt de montagne » composée d’Ananas montagnes rouges (Pitcairnia bifrons) ou jaunes (Guzmania plumieri), de Thym-montagne (Tibouchina ornata), de Palétuvier montagne (Clusia mangle) et de Laurier rose (Podocarpus coriaceus) laisse place sur les très hauts sommets aux mousses et aux lichens.

La forêt d’altitude sur La Soufrière © Maël Gramain/Unsplash

La forêt d’altitude sur La Soufrière © Maël Gramain/Unsplash

Les plages

Des plages sableuses emblématiques de « l’imaginaire » des îles tropicales aux plages rocheuses battues par la houle, le littoral guadeloupéen héberge une flore variée : Patate bord-de-mer (Ipomoea pes-caprae), Poirier-pays (Tabebuia heterophylla), Fleurit-noël (Euphorbia leucocephala), etc., ainsi que des reptiles, oiseaux marins et limicoles… Cependant, la pression des activités humaines est forte sur les littoraux et peu de ces milieux sont encore vierges d'installations humaines. Cette artificialisation peut faire obstacle à la remontée des tortues marines lorsqu'elles viennent pondre sur les plages.

Plage de Grande Anse © Amandine Escarguel / OFB

Plage de Grande Anse © Amandine Escarguel / OFB

La forêt humide

Entre 300 et 1 000 m d’altitude, la forêt est luxuriante : fougères, arbustes, herbacées, lianes et autres épiphytes, sous le couvert de très grands arbres tels que le Gommier (Dacryodes excelsa) ou l’Acomat boucan (Sloanea caribaea) qui étendent leurs branchages jusqu’à plus de 30 m de haut.

La cascade aux écrevisses dans la forêt humide de Guadeloupe © Daniel Öberg/Unsplash

La cascade aux écrevisses dans la forêt humide de Guadeloupe © Daniel Öberg/Unsplash

Les mangroves

En Guadeloupe, les mangroves se trouvent principalement en bordure du Grand et du Petit Cul-de-Sac marin et à Marie-Galante. On distingue 3 types de mangroves : la mangrove de bord de mer à la salinité constante est le territoire du Palétuvier rouge (Rhizophora mangle) ; la mangrove arbustive à une dizaine de mètres du rivage, où la salinité est extrême, où les Palétuviers noirs (Avicennia germinans et A. schaueriana) abondent ; la mangrove haute, au-delà, où l’on trouve Palétuviers blancs et gris (Laguncularia racemosa et Conocarpus erectus). On y trouve de nombreuses espèces de crabes et d’oiseaux.

Mangrove de Guadeloupe © Gaëlle Vandersarren

Mangrove de Guadeloupe © Gaëlle Vandersarren

écosystème
Vue sur la Soufrière © Hélène Valenzuela

Vue sur la Soufrière © Hélène Valenzuela

En Guadeloupe

60 %

des récifs coralliens sont en diminution

En savoir plus

Le premier Parc national dans les outre-mer

Grâce à la création du Parc national en 1989, la Guadeloupe a permis de développer un statut de protection pour les écosystèmes et les espèces relativement tôt. Cependant, malgré les règlementations de protection, les obligations ne sont pas toujours respectées et les contrôles ne sont pas suffisamment appliqués. Les formations forestières, en particulier sur le littoral, régressent constamment à cause de l’augmentation des aménagements et infrastructures, et beaucoup de défrichements et de remblais sont pratiqués dans l’illégalité.

De nombreuses espèces introduites représentent une menace importante pour la biodiversité comme la Petite mangouste indienne (Urva auropunctata), l’Iguane commun (Iguana iguana), la Fourmi manioc (Acromyrmex octospinosus), l’Escargot géant africain (Lissachatina fulica), ou encore le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata).

Comme en Martinique, la chlordécone, pesticide utilisé dans les bananeraies entre les années 1970 et 1990 a massivement pollué les milieux naturels de l’île. Si ses impacts sur la santé humaine commencent à être reconnus, ses conséquences sur les espèces et les écosystèmes sont également étudiées. Des études ont notamment montré une importante contamination des organismes marins côtiers, ce qui a conduit à interdire la pêche dans certaines zones.

Le projet de réintroduction du Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus) porté depuis 2014 par le Parc national de Guadeloupe dans le cadre du LIFE SIRENIA, a du être interrompu en 2018.

enjeux
La Montagne Pelée depuis la mer © Fabien Lefebvre
territoire suivant

Martinique