Cascades du Bras d’Annette à Grand Etang, La Réunion © Philippe Gourdain

La Réunion,
point chaud de l’océan Indien

La Réunion
Cascades du Bras d’Annette à Grand Etang, La Réunion © Philippe Gourdain

Deux volcans et un relief escarpé

« L’île intense » est située sur un point chaud de biodiversité et présente un fort taux d’endémisme. Les milieux naturels y sont relativement bien conservés par rapport aux autres îles des Mascareignes (Maurice et Rodrigues) en raison du relief escarpé. De nombreuses espèces ont toutefois disparu depuis l’arrivée des humains au 16e siècle sur une île alors inhabitée. Forêts humides, ravines et rivières, cirques et remparts, volcan, récif corallien... La Réunion présente une diversité d’écosystèmes et une forte volonté de les préserver.

découvrir

2 512

km2
Superficie terrestre

318 300

km2
Superficie marine

853 659

habitants

en 2017

3 071

m
point culminant

Piton des Neiges

Lieux emblématiques

Parc national de La Réunion © Rémy Poncet

Parc national de La Réunion © Rémy Poncet

Le Parc national de La Réunion

Créé en 2007, le Parc national englobe la partie centrale des deux massifs volcaniques de l'île : celui du Piton des Neiges, le plus ancien avec les trois cirques, et celui du Piton de la Fournaise. La zone cœur de parc couvre 42 % de la superficie de l’île.

Vue sur le cirque de Mafate © Céline Soyer

Vue sur le cirque de Mafate © Céline Soyer

Les cirques de Mafate, Cilaos et Salazie

Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, les trois cirques entourent le sommet de l’île : le Piton des Neiges. Chacun possède une identité particulière. Mafate n’est desservi par aucune route, Salazie est plus exposé aux précipitations tandis que Cilaos est plus sec.

Piton de la Fournaise © Philippe Gourdain

Piton de la Fournaise © Philippe Gourdain

Le massif de la Fournaise

Le tiers sud-est de l’île est occupé par le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs du monde, de type effusif. Ses coulées de laves refroidies sont progressivement recolonisées par la végétation, lichens et fougères tout d'abord, puis plantes vasculaires.

Tronc d’un arbre Bois de pomme à Mare Longue © Philippe Gourdain

Tronc d’un arbre Bois de pomme à Mare Longue © Philippe Gourdain

La forêt de Mare-Longue

Vestige de forêt humide primaire de basse altitude du sud sauvage, cette forêt a poussé sur une ancienne coulée de lave. Aujourd’hui réduite à une centaine d’hectares, elle abrite une richesse remarquable en espèces végétales, dont de nombreuses espèces endémiques. Si elle est encore dans un bon état de conservation, la disparition de la faune qui disséminait les graines (oiseaux, tortues géantes, chauves-souris) empêche sa régénération naturelle.

Réserve de l'étang de Saint-Paul © Giovanni Payet

Réserve de l'étang de Saint-Paul © Giovanni Payet

L’étang de Saint-Paul

Réserve naturelle nationale, cette zone humide de 447 hectares est également inscrite à la convention internationale Ramsar. Le site présente une valeur faunistique forte, avec de nombreuses espèces patrimoniales (oiseaux, poissons, macro-crustacés, insectes) malgré la présence d’espèces introduites.

Poissons-papillons à La Réunion © Philippe Bourjon

Poissons-papillons à La Réunion © Philippe Bourjon

La Réserve naturelle marine

Créée en 2007, cette aire marine protégée couvre 3 500 hectares sur un linéaire de 40 km sur la côte ouest de l’île. Les activités nautiques, dont la pêche, y sont règlementées et dans les zones dites « sanctuaires », toute présence humaine est interdite quel qu’en soit le motif.

Hauteurs du massif de la Roche Écrite © Laurent Echiniscus

Hauteurs du massif de la Roche Écrite © Laurent Echiniscus

Le massif de la Roche Écrite

Au nord de l’île, le massif de la Roche Écrite, dont le sommet culmine à 2 276 m au-dessus des cirques de Mafate et de Salazie, est couvert par diverses formations végétales : forêts de tamarins, de bois de couleurs, landes d'altitude. Il est l’unique lieu de vie de l’Échenilleur de La Réunion, ou Tuit-Tuit (Lalage newtoni), oiseau endémique de l’île, classé en danger critique d’extinction.

Lieux d’intérêt

A La Réunion

1 558

espèces sont endémiques du territoire

En savoir plus
*Pterodroma baraui* © Jean-Philippe Siblet

Pterodroma baraui © Jean-Philippe Siblet

Le Pétrel de Barau

Le Pétrel de Barau (Pterodroma baraui), également appelé « Taille Vent », est un oiseau endémique nichant dans des terriers à même le sol, en haute altitude sur les contreforts du Piton des Neiges. Victimes de la prédation par les rats et les chats, de nombreux jeunes sont également désorientés par les éclairages publics lors de leur premier envol et s’échouent en milieu urbain. En danger d’extinction, l’espèce fait l’objet d’un plan de conservation LIFE+ Pétrels.

Statut dans la Liste rouge des oiseaux de La Réunion : en danger.

*Acacia heterophylla* © B. Navez

Acacia heterophylla © B. Navez

Le Tamarin des Hauts

Le Tamarin des Hauts (Acacia heterophylla) se trouve principalement en forêt humide de montagne entre 1 100 et 1 700 mètres d'altitude. Il peut atteindre 25 mètres de haut mais il est vulnérable aux cyclones en raison de son enracinement peu profond. Il s’agit d’une espèce endémique de l’île.

Statut dans la Liste rouge de la flore vasculaire de La Réunion : préoccupation mineure.

*Obetia ficifolia* © Caroline Robert / PN La Réunion

Obetia ficifolia © Caroline Robert / PN La Réunion

Le Bois d’Ortie

Le Bois d’Ortie (Obetia ficifolia) est une espèce rare et endémique des Mascareigne, qu’on retrouve dans les forêts sèches et semi-sèches. Il doit son nom à sa capacité à provoquer des irritations de la peau. Il est l’hôte d’un papillon endémique, le Salamis augustina augustina, qui n’a cependant pas été observé depuis 2005, ce qui laisse à penser à sa disparition. Dans l’espoir de le voir réapparaitre, des plantations de bois d’Ortie sont réalisées notamment sur le massif de la Grande Chaloupe.

Statut dans la Liste rouge de la flore vasculaire de La Réunion : en danger.

*Megaptera novaeangliae* © Laurent Bouveret

Megaptera novaeangliae © Laurent Bouveret

La Baleine à bosse

Les baleines à bosses (Megaptera novaeangliae) viennent se reproduire le long des côtes réunionnaises entre juin et octobre. S’il est possible de les observer depuis un bateau, le respect de la règlementation est impératif pour préserver la tranquillité des cétacés, mais également pour la sécurité des observateurs.

Statut dans la Liste rouge des mammifères marins de La Réunion : vulnérable.

*Lalage newtoni* © Jean-Philippe Siblet

Lalage newtoni © Jean-Philippe Siblet

L'Échenilleur de La Réunion

L'Échenilleur de La Réunion (Lalage newtoni), aussi appelé Tuit-Tuit en raison du chant du mâle, est un passereau endémique de la forêt de la Roche écrite, dans le nord de l’île. Victime de la prédation par les rats et les chats, sa population est actuellement estimée à quelques dizaines de couples reproducteurs et il est considéré en grand danger d’extinction. Grâce aux actions menées dans le cadre du LIFE+ Biodiv'OM et du Plan national d'actions, comme la lutte contre les prédateurs introduits, ses effectifs remontent petit à petit.

Statut dans la Liste rouge des oiseaux de La Réunion : en danger critique.

*Phelsuma inexpectata* © Philippe Gourdain

Phelsuma inexpectata © Philippe Gourdain

Le Gecko vert de Manapany

Le Gecko vert de Manapany (Phelsuma inexpectata), est endémique de La Réunion et n'est présent que sur une bande de 11 km de long dans le sud de l’île. Ce gecko diurne arboricole s’observe notamment sur les vacoas (Pandanus utilis). Considéré en danger critique d’extinction, il est protégé et fait l’objet d’un Plan national d’action avec le Gecko vert de bourbon (Phelsuma borbonica), également menacé.

Statut dans la Liste rouge des reptiles de La Réunion : en danger critique.

*Mormopterus francoismoutoui* © Gildas Monnier / GCOI

Mormopterus francoismoutoui © Gildas Monnier / GCOI

Le Petit Molosse de La Réunion

Le Petit Molosse de La Réunion (Mormopterus francoismoutoui), est l’une des 3 espèces de chauve-souris présentes sur l’île et la seule strictement endémique encore présente. Les chauves-souris sont les seuls mammifères indigènes, toutes les autres espèces de mammifères présents ayant été introduits par l’homme, volontairement (élevage ou animaux domestiques) ou involontairement (souris, rats, etc.).

Statut dans la Liste rouge des mammifères de La Réunion : préoccupation mineure.

*Alsophila glaucifolia*© B. Navez

Alsophila glaucifolia© B. Navez

Les Fanjan

Les Fanjan sont des fougères arborescentes typiques des forêts de Bois de couleur des Hauts. On distingue 3 espèces différentes : Alsophila borbonica, A. glaucifolia et A. celsa. Traditionnellement utilisés pour la confection de pots à plantes vertes, leur prélèvement a entrainé une dégradation importante des écosystèmes et une menace pour la conservation de ces espèces. Une espèce proche originaire d’Australie (Sphaeropteris cooperi) a été introduite sur l’île et présente un caractère envahissant qui pourrait menacer les espèces indigènes.

Statut dans la liste rouge de la flore vasculaire de La Réunion (pour les 3 espèces indigènes) : préoccupation mineure.

*Circus maillardi* © S. Caceres et JN Jasmin

Circus maillardi © S. Caceres et JN Jasmin

Le Papangue

Le Papangue, ou Busard de Maillard (Circus maillardi) est le seul rapace nicheur endémique de l'île de La Réunion. Présent sur l'ensemble de l'île, sauf à haute altitude (plus de 2 200 m), il chasse à faible hauteur au dessus de la végétation. Longtemps victime de braconnage due à sa mauvaise réputation, accusé de tuer les animaux domestiques et porter malheur, l'espèce est protégé depuis 1989. Il est aujourd'hui principalement menacé par l'empoisonnement secondaire due à sa consommation de rongeurs empoisonnées et fait l'objet d'un Plan national d'actions. L'île compterait aujourd'hui environ 200 couples reproducteurs.

Statut dans la Liste rouge des oiseaux de La Réunion : en danger.

espèces

Histoire naturelle & temps forts

-2 à 3 millions d’années,

Emergence de l’île

-22 000 ans

Dernière éruption du Piton des Neiges

1642

Prise de possession française sous le nom d'île Bourbon

1708

Dernière mention connue du Solitaire de La Réunion (Threskiornis solitarius) oiseau endémique

1976

Publication des premiers volumes de La Flore des Mascareignes, avec la contribution du botaniste Thérésien Cadet.

2007

Création du Parc national de La Réunion ; Création de la Réserve naturelle marine

2010

Publication des Listes rouges de la Faune et de la Flore de La Réunion ; Inscription des cirques au Patrimoine mondial de l'UNESCO

2016

Découverte du premier site de nidification du Pétrel noir de Bourbon (Pseudobulweria aterrima), oiseau endémique encore mal connu

2020

Publication de la Liste rouge des coraux de l’Océan Indien

Les forêts humides

Il existe plusieurs types de forêts et de cortèges floristiques répartis en fonction de l’altitude et de la pluviométrie. Elles se situent particulièrement dans l’est et le sud de l’île, moins urbanisés. On y trouve une grande diversité végétale : mousses, fougères, orchidées, arbres et arbustes, etc.

Forêts au cirque de Salazie © Alexandre Clair

Forêts au cirque de Salazie © Alexandre Clair

La forêt sèche

Située sur la côte ouest de l’île, la forêt sèche a perdu 99 % de sa superficie de puis l’arrivée des humains et ce milieu est considérée comme « en danger critique d’extinction ». Un projet LIFE+ lancé en 2015 a permis de replanter de nombreux arbres indigènes pour tenter de le conserver.

Grand Natte *Mimusops balata* dans la forêt sèche © B. Navez

Grand Natte Mimusops balata dans la forêt sèche © B. Navez

Les récifs coralliens

Malgré leur faible étendue (12 km2, entre le Cap La Houssaye et Grand Bois), les récifs coralliens de La Réunion sont très riches et diversifiés. On y compte au moins 226 espèces de coraux, ainsi que plusieurs centaines d’espèces d’échinodermes, mollusques, crustacés et poissons, dont de nombreuses espèces endémiques. La plus grande partie de ces récifs sont protégés sous le statut de la Réserve naturelle marine.

Lagon de La Réunion © Philippe Bourjon

Lagon de La Réunion © Philippe Bourjon

écosystème
Éruption du Piton de la Fournaise en 2018 © Fabrice H.

Éruption du Piton de la Fournaise en 2018 © Fabrice H.

A La Réunion

34 %

des espèces sont considérées comme éteintes ou menacées

En savoir plus

Une pression démographique importante

Située au sein de l'un des 34 hauts lieux de la biodiversité mondiale ("hotspot"), l'environnement de l'île de La Réunion est exceptionnel.

La principale menace pour la biodiversité de l'île est la pression démographique, l’augmentation de la population entrainant le développement d’infrastructures et aménagements. La quasi-totalité des forêts de basse-altitude a déjà disparu et le littoral est particulièrement menacé par l’urbanisation, la pollution et la surfréquentation. La fréquence de ponte de tortues marines sur les plages de La Réunion est très faible et ces espèces sont également menacées par la pêche accidentelle et le braconnage. Hormis dans la Réserve naturelle marine, il n’existe aucun dispositif de protection ou de gestion des ressources dans la zone économique exclusive.

Les espèces exotiques envahissantes sont également une menace majeure. De nombreuses espèces végétales envahissent les milieux naturels, et les monocultures de Cryptomeria du Japon (Cryptomeria japonica) offrent des milieux favorables à l’envahissement par d’autres plantes exotiques. La lutte contre les rats et les chats harets est également un enjeu majeur de la conservation des oiseaux endémiques. Une stratégie de lutte contre les espèces invasives est mise en place depuis 2010. Depuis le 1e avril 2019, un arrêté ministériel interdit tout usage d’une liste de 150 plantes exotiques.

La création du Parc national en 2007 et l'inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2010 ont permis de renforcer la protection du patrimoine naturel de La Réunion. La mise en place d'une Stratégie réunionnaise pour la biodiversité depuis 2013 doit permettre d'intégrer la protection de la biodiversité dans les politiques publiques du territoire. De nombreux programmes de conservations ont été mis en place pour protéger les espèces patrimoniales (Plans nationaux d'actions, programmes LIFE+, etc.).

enjeux
L'étang du Bois brûlé © Nathalie de Lacoste
territoire suivant

Saint-Pierre-et-Miquelon