Agricultrices à Mayotte © Bertrand Fanonnel

Mayotte,
un lagon d'une richesse exceptionnelle

Mayotte
Agricultrices à Mayotte © Bertrand Fanonnel

De nombreuses espèces terrestres endémiques

Située dans l’archipel des Comores, au nord-ouest de Madagascar, Mayotte est un trésor de biodiversité. Une barrière récifale de 140 km de long entoure les deux îles principales ainsi que 18 îlots, et délimite un vaste lagon, l’un des plus grands et des plus profonds du monde. Ces eaux abritent une incroyable diversité d’organismes marins : poissons, mollusques, coraux, mammifères marins...
Le milieu terrestre n’est pas en reste : Mayotte apparaît comme l’une des îles océaniques tropicales les plus riches du monde en termes de flore indigène, au regard de sa superficie. On y trouve de nombreuses espèces endémiques, ou sub-endémiques à l’archipel des Comores. Les milieux naturels mahorais sont cependant fortement dégradés par les activités humaines, en raison notamment d’une très forte densité de population.

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377

km2
Superficie terrestre

73 600

km2
Superficie marine

279 500

habitants

en 2020

660

m
point culminant

Mont Bénara

Lieux emblématiques

Vue sur l'îlot M'Bouzi © Paul Giannasi / Office français de la biodiversité

Vue sur l'îlot M'Bouzi © Paul Giannasi / Office français de la biodiversité

L’îlot Mbouzi

Situé dans le lagon à l’est de Grande Terre, l’îlot Mbouzi est classé en Réserve naturelle nationale depuis 2007 afin de préserver sa relique de forêt sèche primaire, qui abrite des plantes remarquables et protégées dont le rare Ebène de Bernier (Diospyros bernieriana). On y trouve également la sous-espèce du Foudi des Comores endémique de Mayotte (Foudia eminentissima algondae). La réserve comprend une partie marine de 60 hectares qui abrite des communautés coralliennes remarquables. Elle est gérée par l’association les Naturalistes de Mayotte.

Vue aérienne du lagon et de la barrière récifale © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

Vue aérienne du lagon et de la barrière récifale © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

Le Parc naturel marin

Créé en janvier 2010, le Parc naturel marin de Mayotte englobe le lagon et l’ensemble de la zone économique exclusive (ZEE), soit près de 70 000 kms2. Il est géré par l’Office français de la biodiversité. L'objectif du Parc est de concilier la préservation de la biodiversité marine et le développement durable des activités maritimes à Mayotte. Parmi leurs activités, les agents du parc veillent à faire respecter les règlementations de pêche, sensibiliser la population et les élus et réaliser des études et des suivis pour mieux connaitre le milieu marin.

Mont Choungui vu du nord © Frédéric Ducarme

Mont Choungui vu du nord © Frédéric Ducarme

Le Mont Choungui

Au sud de Grande Terre, le Mont Choungui, second plus haut sommet de Mayotte, culmine à 593 m. Il présente une végétation très différente de celle trouvée sur les autres massifs montagneux de Mayotte, le mont Bénara ou le M’Sapéré, une originalité liée aux conditions particulières de relief, de vent et de pluviométrie sur ce mont isolé. Certaines espèces végétales indigènes ne se trouvent à Mayotte que sur ce site et plusieurs espèces endémiques y ont été découvertes, comme l'arbuste Eugenia chounguiensis décrit en 2016.

Vue aérienne de la vasière des Badamiers © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

Vue aérienne de la vasière des Badamiers © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

La Vasière des Badamiers

Cette lagune littorale saumâtre située au nord-ouest de Petite Terre est entourée de tombolos (cordons de sédiments) au nord et au sud, percés par des brèches permettant la circulation de l'eau avec le lagon, selon le cycle des marées. Ses fonds vaseux sont peuplés d’herbiers de phanérogames que viennent brouter les tortues et les abords du plan d’eau sont colonisés par la mangrove. Le site accueille une faune riche, dont 35 espèces d’oiseaux. Il est reconnu zone humide d’importance internationale au titre de la Convention de RAMSAR depuis 2011.

Baie de Bouéni © Frédéric Ducarme

Baie de Bouéni © Frédéric Ducarme

La Baie de Bouéni

Au sud-ouest de la Grande Terre, la Baie de Bouéni abrite la plus vaste mangrove de Mayotte. Celle-ci s’étale sur près de 200 hectares et les 7 espèces de palétuviers présents à Mayotte y sont représentés. Cette mangrove abrite une faune nombreuse, dont le Crabier blanc (Ardeola idae), oiseau en danger critique d’extinction. Les formations récifales de la baie sont également très riches. Le site est reconnu comme zone nationale d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF).

Vue sur le lac Dzaha et la plage de Moya © Soimadou Mahamoud

Vue sur le lac Dzaha et la plage de Moya © Soimadou Mahamoud

Le Dziani Dzaha

Ce lac de cratère est la seule étendue d’eau naturelle de l’île de Petite Terre. D’une superficie de 23 ha, ses eaux de couleur verte sont uniquement peuplées de microorganismes (cyanobactéries, protozoaires…) en raison de conditions de vie particulièrement rudes : salinité plus élevée que l’eau de mer, eaux alcalines (ph entre 9 et 9,5), température de 30°C et surface sursaturée en oxygène mais anoxie au-delà d’1,5 m de profondeur. Il est bordé par des vestiges de forêt sèche.

Lieux d’intérêt

A Mayotte

6 162

espèces sont indigènes sur le territoire

En savoir plus
*Ardeola idae* © Randrianarimanana

Ardeola idae © Randrianarimanana

Le Crabier blanc

Le Crabier blanc (Ardeola idae) est un petit héron dont le plumage change de couleur au cours de l’année. En période de reproduction, il est reconnaissable à son plumage blanc immaculé, son bec bleu terminé par une pointe noire et ses pattes roses, tandis que le reste de l’année son plumage est marron strié de beige, son bec gris (toujours terminé d’une pointe noire) et ses pattes verdâtres. Il vit dans les zones humides où il se nourrit d’insectes, d’amphibiens et de petits poissons, et niche dans les mangroves. Mayotte est l’une des quatre seules îles au monde où l’espèce se reproduit, avec Madagascar, Europa et Aldabra (Seychelles), ce qui confère au territoire une importance capitale dans sa conservation. L’espèce est notamment menacée par la destruction de ses habitats, la probable prédation des œufs et des poussins par les rats et le braconnage. Un plan national d’action a été élaboré pour le préserver, et des actions de conservation sont mises en place par le Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Mayotte (GEPOMAY) dans le cadre du programme LIFE BIODIV OM.

Statut sur la Liste rouge des oiseaux de Mayotte : en danger critique.

*Cananga odorata* © Cesar Delnatte

Cananga odorata © Cesar Delnatte

L’Ylang-ylang

Cette plante (Cananga odorata) introduite à la fin du 18e siècle depuis l’Asie du Sud-est est devenue un emblème de l’île. L’arbre présente une écorce grise, et est généralement taillé pour rester à hauteur de cueillette, soit 2 à 3 m de haut alors qu’il peut atteindre 25 -30 m en milieu naturel. La floraison peut s’observer plusieurs fois par an. Les fleurs, très odoriférantes, présentent six longs pétales jaunes. On en extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en cosmétique et en parfumerie.

Statut sur la Liste rouge mondiale : non évalué.

Baobab © Pierre-Olivier Jay

Baobab © Pierre-Olivier Jay

Les baobabs

On trouve à Mayotte deux espèces de baobabs, Adansonia digitata et Adansonia madagascariensis. Le premier est également répandu en Afrique tandis que le second ne se rencontre qu’à Madagascar et Mayotte. A. digitata possède des fleurs blanches pendantes et sa floraison est très courte - l’ouverture des fleurs à lieu en fin d’après-midi et elles tombent le lendemain matin - tandis que le A. madagascariensis présente des fleurs rouge-orangées dirigées vers le ciel et sa floraison s’étend sur 3-4 jours. Ce dernier est devenu très rare à Mayotte où il ne reste que quelques individus, en raison du déclin des forêts sèches et du ramassage systématique des fruits. Il est inscrit parmi les espèces protégées et bénéficie d’un plan de conservation.

Statut sur la Liste rouge de la flore vasculaire de Mayotte : Pour A. madagascariensis : en danger critique. Pour A. digitata : préoccupation mineure.

*Bruguiera gymnorhiza* © Vincent Boullet

Bruguiera gymnorhiza © Vincent Boullet

Les palétuviers

On trouve sept espèces de palétuviers dans les mangroves de Mayotte. La plus commune est le palétuvier rouge, (Rhizophora mucronata), qui couvre 80 % des mangroves. Il se reconnait à ses racines en échasses et sa feuille lancéolée qui présente une pointe à son extrémité. On trouve également le Palétuvier gros poumon (Bruguiera gymnorhiza) aux racines en forme de genou ou encore le Palétuvier blanc (Avicennia marina), le plus tolérant aux fortes concentrations en sel, qui doit son nom à la face inférieure blanche de ses feuilles. Ils se répartissent dans les mangroves en fonction de différents paramètres tels que la salinité, la nature des sols ou les niveaux d’eau.

Statuts sur la Liste rouge de la flore vasculaire de Mayotte : Rhizophora mucronata : quasi menacée. Bruguiera gymnorhiza : vulnérable. Avicennia marina : préoccupation mineure.

*Stenella longirostris* © Yannick Stephan - Mayotte Découverte

Stenella longirostris © Yannick Stephan - Mayotte Découverte

Les dauphins

Vingt-et-unes espèces de dauphins ont été observées à Mayotte. Les plus communes à l’extérieur du lagon sont le Stenelle tacheté (Stenella attenuata) et le Dauphin à long bec (Stenella longirostris), qui se déplacent en grands groupes. Les populations sont évaluées à plusieurs centaines d’individus pour le premier et un millier pour le second. Dans le lagon et sur le banc de l’Iris, on rencontre notamment le Grand Dauphin du Pacifique (Tursiops aduncus), observé seul ou en petits groupes et dont les effectifs dans les eaux mahoraises sont estimés entre 70 et 100 individus. Les dauphins sont menacés par la pêche, qui impacte leur alimentation par la réduction des stocks de poissons disponibles, et entraine des captures accidentelles dans les filets. Les excursions touristiques en bateau organisées pour les observer peuvent les perturber, il est nécessaire de respecter les consignes de bonnes pratiques d’observation.

Statut sur la Liste rouge mondiale : Stenella attenuata : préoccupation mineure. Stenella longirostris : préoccupation mineure. Tursiops aduncus : quasi-menacé.

*Eulemur fulvus* © Emmanuel Broeks

Eulemur fulvus © Emmanuel Broeks

Le Maki de Mayotte

Ce lémurien est considéré comme une sous-espèce ou une variété du Lémur fauve de Madagascar (Eulemur fulvus). Il aurait été introduit par l’homme à Mayotte il y a plusieurs siècles. Il possède un pelage variant du beige au roux avec une tête noire et des yeux orangés. Vivant en groupe dans les zones forestières et se nourrissant principalement de fruits, la dégradation et la diminution de son habitat peuvent le pousser à s’approcher des zones habitées et consommer les productions fruitières ce qui crée des conflits avec les agriculteurs. L’espèce est protégée à Mayotte.

Statut sur la Liste rouge mondiale : vulnérable.

*Octopus cyanea* © Benjamin Guichard

Octopus cyanea © Benjamin Guichard

Les poulpes

Sur les 16 espèces présentes dans les eaux du territoire, Octopus cyanea est le plus grand : il peut dépasser 1 m de long et peser jusqu’à 8kg. Ordinairement de couleur brun-rouge, il change de couleur pour se camoufler dans son environnement. On le retrouve sur les zones récifales où il se cache dans des trous. Ces mollusques céphalopodes sont remarquablement intelligents, capables d’utiliser des outils et disposent d’une impressionnante mémoire. Leur cycle de vie est court, entre 12 et 24 mois. Les mâles déclinent à la suite de la reproduction et les femelles meurent quelques jours après l’éclosion des œufs.
Très appréciés à Mayotte, les poulpes sont pêchés à pied sur les platiers à marée basse. Pour préserver la ressource, des réserves de pêche sont mise en place à l’initiative de la population locale, la pêche est alors temporairement interdite afin de permettre aux poulpes de se reproduire.

Statut sur la Liste rouge mondiale pour Octopus cyanea : préoccupation mineure.

*Chelonia mydas* © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

Chelonia mydas © Alexandra Gigou / Office français de la biodiversité

Les tortues marines

Deux espèces de tortues marines viennent pondre sur les plages de Mayotte, la Tortue verte (Chelonia mydas) et la Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata). Les tortues vertes sont les plus nombreuses, herbivores, elles peuvent être observées se nourrissant sur les herbiers de phanérogames, tandis que les tortues imbriquées sont omnivores et se nourrissent de mollusques, crustacés, coraux et petits poissons. D’autres espèces peuvent être occasionnellement observées mais ne viennent pas s’y reproduire. Toutes les espèces de tortues marines sont fortement menacées à travers le monde par les activités humaines : prises accidentelles dans les filets de pêche, collisions avec les bateaux, destruction des sites de ponte et d’alimentation, pollutions… Bien qu’elles soient protégées, le braconnage des tortues marines est toujours très présent à Mayotte.

Statut sur la Liste rouge mondiale : Tortue verte : en danger. Tortue imbriquée : en danger critique.

Inflorescence de *Foetidia comorensis* © Abassi Dimassi - CBN Mascarin

Inflorescence de Foetidia comorensis © Abassi Dimassi - CBN Mascarin

Le Namoulohna

Le Namoulohna (Foetidia comorensis) est un arbre endémique de Mayotte, extrêmement rare : il n’est connu que d’une unique station de 600 m2 avec environ 80 individus dénombrés en 2017. Connue depuis longtemps par les villageois locaux, elle n’a été décrite pour la science qu’en 2011. Menacée entre autres par les défrichements pour l’installation de cultures vivrières et le pâturage des animaux domestiques, l’espèce figure sur la liste des espèces protégée de Mayotte et un important travail de sensibilisation est mené autour de sa préservation.

Statut sur la Liste rouge de la flore vasculaire de Mayotte : en danger critique.

espèces

Histoire naturelle & temps forts

-8 millions d'années

Émergence de l’île de Mayotte

-7 000 ans

Séparation de Petite-Terre et Grande-Terre

8e siècle

Plus anciennes traces d’occupations humaine de Mayotte

1843

Ratification du traité de cession de Mayotte à la France

1976

Référendum d'autodétermination : la population de Mayotte choisit de rester française

2007

Création de la Réserve naturelle nationale de l'îlot M'Bouzi

2009

Ouverture de l’antenne de Mayotte du Conservatoire botanique national de Mascarin à Coconi

2010

Création du Parc naturel marin de Mayotte

2011

Mayotte devient un département français d'outre-mer

2019

Découverte d’un volcan sous-marin actif à plus de 3000 m de fond à 50 km à l’est des côtes de Mayotte

2021

Création de la Réserve naturelle nationale des forêts de Mayotte

Les forêts primaires

Les forêts de Mayotte ont été largement perturbées par les activités humaines, et il ne subsiste que quelques reliques de forêts primaires. Sur les monts et les crêtes, la forêt est de type tropical humide, avec un sous-bois dense et de nombreuses mousses, fougères, lianes et épiphytes (végétaux utilisant d’autres plantes comme support). Il existe également des reliquats de forêts primaires sèches comme sur l’îlot MBouzi.
Les forêts primaires sont menacées par l’utilisation du bois, les brûlis, l’extension des zones agricoles et urbaines. La Réserve naturelle nationale des forêts de Mayotte a été créée en 2021 afin de préserver ces reliquats de forêts primaires qui abritent une grande partie de la biodiversité indigène et endémique mahoraise. Les forêts dites « secondaires », qui s’établissent suite aux perturbations humaines, sont moins riches en biodiversité et souvent composées d’espèces exotiques dont des espèces envahissantes.

Forêt de Tchaourembo © Guillaume Viscardi - CBN Mascarin

Forêt de Tchaourembo © Guillaume Viscardi - CBN Mascarin

Les padzas

Ce terme, qui signifie « mauvaise terre » désigne des zones de sols dégradés et de roche nue, bruns ou rougeâtres, décapés par l’érosion et dépourvus de végétation. Ce phénomène naturel est largement amplifié par les activités humaines (déforestation, brulis, surpâturages). En 2010, les padzas couvraient 1 100 hectares soit 3 % du territoire. Les premiers projets de réhabilitation mis en place utilisaient des végétaux exotiques, comme l’Acacia mangium, une espèce au fort potentiel envahissant. D’autres techniques utilisant des espèces indigènes sont aujourd’hui à l’essai, notamment associées à des mycorhizes (champignons) pour fertiliser les sols. La restauration de ces zones et la préservation des terrains boisés permettront de lutter contre les glissements de terrain, les risques d’inondation, le lessivage des sédiments dans le lagon, et permettra la préservation de la ressource en eau et le retour de la biodiversité.

Padzas sur le Mont Choungui © Manuel Parizot

Padzas sur le Mont Choungui © Manuel Parizot

Les mangroves

Forêt à l’interface entre le milieu marin et le milieu terrestre, dans la zone de balancement des marées, les mangroves couvrent environ 700 hectares répartis sur près de 120 sites le long du littoral mahorais. Zone de nidification pour les oiseaux, de nourrissage et de reproduction pour de nombreuses espèces (crabes, poissons, reptiles…), les mangroves limitent l’érosion et l’envasement du lagon, et permettent l’épuration de l’eau. Selon les récits, les Wana Issa (les enfants de Issa) sont des esprits qui peuplent les mangroves de Mayotte. Ils protégeraient tantôt les humains des maléfices de la mangrove, tantôt la mangrove des atteintes de l’homme. Cet écosystème est soumis à de nombreuses pressions, en particulier les remblais pour l’aménagement urbain et les rejets des eaux usées. .
Pour en savoir plus sur les mangroves de Mayotte, découvrez les visites virtuelles développées par le Pôle Relais Zones Humides Tropicales.

Mangrove de Kawéni © Fanny Cautain / Office français de la biodiversité

Mangrove de Kawéni © Fanny Cautain / Office français de la biodiversité

Les récifs et le lagon

Plusieurs types de récifs se trouvent à Mayotte. Le lagon est entouré d’une barrière récifale de près de 140 km de long, large de 200 à 250 m et interrompue par douze passes. Elle est doublée par un récif interne sur 18 km au sud-ouest, phénomène rare dans le monde, et un récif frangeant longe les côtes. Les fonds sableux du lagon sont en partie colonisés par des herbiers de phanérogames. La richesse des récifs et du lagon est exceptionnelle : plus de 760 espèces de poissons ont été inventoriées sur l’ensemble du milieu marin mahorais, dont 24 espèces de requins et 13 de raies, ainsi que 300 espèces de coraux.

Récifs de la passe en S © Marine Dedeken / Office français de la biodiversité

Récifs de la passe en S © Marine Dedeken / Office français de la biodiversité

Les herbiers sous-marins

Les herbiers sous-marins se trouvent tout autour de Grande Terre et des îlots, dans les zones côtières peu profondes à Mayotte. Peu denses et fragmentés, ils couvrent au total 760 hectares dans le lagon. On y trouve 11 espèces de phanérogames marines, qui ne sont pas des algues mais bien des plantes à fleurs ! Ce sont des zones de refuge, de nurserie et d’alimentation pour de nombreuses espèces, comme les tortues marines et les dugongs mais aussi les poissons, mollusques et crustacés.

Herbier sous-marin © Marine Dedeken / Office français de la biodiversité

Herbier sous-marin © Marine Dedeken / Office français de la biodiversité

écosystème
Pêcheur sur une pirogue dans la mangrove © Fanny Cautain / Office français de la biodiversité

Pêcheur sur une pirogue dans la mangrove © Fanny Cautain / Office français de la biodiversité

A Mayotte

36 %

des espèces sont considérées comme éteintes ou menacées

En savoir plus

La biodiversité de Mayotte sous pression

Mayotte présente la densité de population la plus forte de tous les territoires d’outre-mer, et la population ne cesse d’augmenter. Cette pression démographique entraine de nombreuses conséquences sur les milieux naturels.

Le déboisement massif pour l’agriculture, la construction d’infrastructures urbaines et l’utilisation de bois de coupe et de charbon ont drastiquement détérioré les écosystèmes terrestres et la végétation d’origine ne couvre plus qu’environ 10 % du territoire. Cette déforestation aggrave l’érosion des sols et le lessivage des sédiments qui provoque l’envasement du lagon et la dégradation des récifs coralliens.

Le manque d’assainissement est également l’un des problèmes environnementaux majeurs à Mayotte. En raison du trop faible nombre de stations d’épuration et du faible raccordement des foyers (seulement 10 % de la population raccordée en 2020), les eaux usées sont souvent déversées dans le lagon sans avoir été traitées, chargées de polluants d’origines domestiques, agricoles et industrielles.

La pêche est une pratique ancrée dans la culture locale. De nombreuses techniques sont utilisées : pêche à pied (au poulpe), en pirogue, au djarifa (pratiquée par les femmes à l’aide d’un grand tissu maintenu dans l’eau), chasse sous-marine, etc. Ces pratiques sont règlementées et certaines espèces sont interdites de capture. Les déchets issus de la pêche sont également une cause de dégradation du milieu marin.

De nombreuses espèces exotiques envahissantes sont présentes à Mayotte et impactent l’équilibre des écosystèmes, comme le Lantana (Lantana camara), un arbuste originaire des Antilles classé parmi les pires espèces envahissantes au monde, ou l’Avocat marron (Litsea glutinosa), un arbre qui prolifère dans les forêts du nord de l’île.

Les récifs coralliens mahorais, des joyaux menacés

Depuis 1998, l’Observatoire des Récifs Coralliens de Mayotte (ORC) étudie l’évolution de l’état de santé des récifs. Les menaces qui pèsent sur les récifs coralliens sont nombreuses et les suivis réalisés dans les eaux mahoraises montrent une dégradation sur près de la moitié (43 %) des stations étudiées entre 2015 et 2020.

Les récifs coralliens sont particulièrement sensibles aux modifications entrainées par le changement climatique (réchauffement et acidification des océans) qui entrainent des épisodes de blanchissement de plus en plus intenses et fréquents. Le dernier épisode de blanchissement à Mayotte, en 2016, a induit une mortalité d’environ 25 % des coraux.

Les coraux sont également dégradés par les rejets des eaux usées non traitées dans les rivières et le lagon, les apports terrigènes liés à l’érosion et les déchets, notamment les plastiques. Dans une moindre mesure, certaines pratiques de pêche (marche sur le platier à marée basse lors de la pêche à pied), les ancrages des bateaux ou les palmes des plongeurs ont des impacts localisés. Les coraux du genre Porites sont également prélevés pour la fabrication du msindzano, le masque de beauté traditionnel.

Une flore terrestre à préserver

Les inventaires naturalistes de la flore de Mayotte sont récents, le territoire n’ayant fait l’objet que de quelques prospections ponctuelles jusqu’au début des années 1990. Les travaux se sont intensifiés par la suite, avec notamment l’étendue de l’agrément du Conservatoire botanique national de Mascarin à Mayotte en 2007 et l’ouverture de l’antenne de Coconi en 2009.

La flore indigène mahoraise présente des affinités avec la flore malgache, les vents, les courants marins et les oiseaux ayant permis un lien avec Madagascar, situé à environ 350 km de Mayotte, cependant près d’une cinquantaine d’espèces végétales sont endémiques strictes de Mayotte.

Selon la Liste rouge de la flore vasculaire publiée en 2014, 43 % des espèces végétales de Mayotte sont considérées menacées. Afin de préserver les reliques de forêts primaires et restaurer les forêts secondaires limitrophes, la Réserve naturelle nationale des forêts de Mayotte a été créée en 2021. Divisée en 6 zones distinctes, elle s’étend sur 2 800 hectares, soit 8 % de la superficie de l’île. Les activités humaines y sont règlementées.

enjeux
Huahine (archipel de la Société) © Céline Soyer
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Polynésie française